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La fulgurante acension de Marouane Chamakh

La fulgurante acension de Marouane Chamakh

vendredi 20 novembre 2009

Marouane Chamakh est un attaquant de football à la carrière foudroyante. Dès son plus jeune âge jusqu’à ses premiers pas sur les terrains, il se distinguait déjà de tous ses partenaires et adversaires , en marquant plusieurs buts à chacune de ses rencontres. Il a la double nationalité franco-marocain. « Afiavi Magazine » a souhaité se pencher sur l’histoire de son adaptation en France. C’est son père El Mostafa Chamakh qui nous a aiguillé sur les diverses étapes de sa vie. Portrait d’un footballeur dont la cote de popularité est très élevée aujourd’hui.


Comme bon nombre de Marocains, la famille Chamakh avait choisi d’émigrer en France en 1979. El Mostafa, le papa de Marouane Chamakh, 25 ans à l’époque, commence à travailler dans une menuiserie avant de poursuivre dans l’aluminium. « Nous avons quitté Casablanca pour trouver des conditions de vie plus avantageuses. Au Maroc, les salaires sont bien souvent inférieurs à ceux pratiqués en France. Nous étions une famille pauvre quand nous nous sommes installés. Aujourd’hui, nous vivons plus aisément ». Marouane Chamakh Et quand il s’agit de nous retranscrire les premiers pas de « son champion », il a des larmes aux yeux. « Marouane a commencé à jouer au foot à l’âge de 4 ans. Puis, il a rapidement pris une licence et a montré de réelles dispositions à 13 ans, évoluant alors à Marmande. Rapidement, sont arrivées les premières sélections. La plus significative étant celle de la sélection d’Aquitaine alors qu’il n’avait que 15 ans ». Cela a demandé beaucoup de concessions à son papa qui, lui aussi, est un ancien très bon footballeur. Beaucoup de kilomètres ont dû être parcourus pour les entraînements et les matches ; mais comme il en atteste aujourd’hui, « cela vaut largement le coup ! ».

« On le surnommait déjà Georges Weah »

Plus les années passaient, plus Marouane se démarquait de ses adversaires et aussi de ses coéquipiers. Attaquant de pointe, il marquait en effet 4 ou 5 buts à chacune de ses apparitions. Quelle que soit la catégorie dans laquelle il jouait, il était toujours un des meilleurs si ce n’était le meilleur. Il ne faisait plus aucun doute alors pour le monde du football, Marouane allait devenir un très bon footballeur... Cela lui avait d’ailleurs valu le surnom de « Georges Weah », un autre ancien grand joueur venu du Libéria.

Mais il ne fallait pas pour autant en oublier les études. Aussi effectua-t-il sa scolarité à Nérac, puis à Marmande, jonglant entre le sport et les études. Même une fois admis au centre de formation, il entama un Bac pro en comptabilité, qu’il obtiendra. Concernant son adaptation, tout s’est fait très facilement comme en atteste son papa : « Marouane a eu la chance de naître en France le 10 janvier 1984 à Tonneins, où il a fait toute sa scolarité sans avoir eu à changer de pays. A ce jour, il parle parfaitement le français mais pas l’arabe ».

L’année 2000 est celle de la consécration pour le fils aîné de la famille d’El Mostafa quand Chamakh finit par rejoindre le centre de formation des Girondins de Bordeaux. À cette époque, quatre grands clubs du championnat national lui faisaient de l’œil : Lens, Toulouse, Lorient et Bordeaux voulaient alors s’attacher ses services. Son choix, qui est le même que celui de ses parents, s’est alors fait en fonction des installations et infrastructures des clubs et surtout de leur proximité. « Nous habitons dans le Lot-et-Garonne (NDLR : à Aiguillon) et avons alors préféré qu’il rejoigne Bordeaux, le club phare de la région. Cela nous permettait, en effet, de pouvoir aller le voir jouer tous les week-ends, ce que nous faisions d’ailleurs avec un immense plaisir afin qu’il se sente bien soutenu Ensuite, tout s’est enchaîné à la vitesse grand V. Il joua, à 18 ans, avec la CFA girondine, avec laquelle il inscrira 6 buts en 17 rencontres et obtiendra le statut de joueur professionnel en 2002. Son éclosion était alors imminente ».

Élie Baup, le premier entraîneur à lui accorder sa confiance

Le 19 janvier 2003, alors que Marouane vient tout juste de souffler ses 19 bougies, Élie Baup (alors entraîneur des Girondins de Bordeaux), lui offre sa première titularisation en équipe première à l’occasion d’un match de la Coupe de la Ligue contre Metz. Il fera ensuite ses grands débuts dans le championnat le 8 février contre le SC Bastia (défaite 0-2). Vint alors le choix cornélien qui se présentait à l’attaquant de soutien : choisir entre la sélection marocaine et celle française. Il y a sept ans, il commença par être appelé sous le maillot tricolore, avec les espoirs, contre la République tchèque. Il refusera. Cela fera très rapidement réagir les sélectionneurs marocains qui ne voulaient pas se faire subtiliser un futur grand espoir. Baddou Zaki le convoquera le 8 juin 2003, pour jouer contre la Sierra Leone, match comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations. Depuis cette sélection, Marouane a rarement quitté la sélection marocaine..

« Je ne vais pas dire que le choix d’évoluer avec les Lions de l’Atlas s’est fait par défaut. Cependant, il fallait être lucide et se dire qu’il y avait beaucoup d’excellents attaquants français à l’époque. Je pense principalement à Thierry Henry, Nicolas Anelka, Sylvain Wiltord, ou encore à David Trézéguet .Cela ne l’empêche pas de se sentir autant Français que Marocain. D’ailleurs, beaucoup de personnes aimeraient le voir porter le maillot tricolore, mais son choix étant fait, il faut le respecter. Nous, à partir du moment où il continue sa carrière sous un de ces deux maillots, cela contribue pleinement à notre bonheur. Nous supportons donc les deux pays mais avons une préférence pour celui de nos origines. Vous vous doutez bien que, dans une compétition internationale, dès que le Maroc est éliminé, nous sommes tous supporters de l’équipe de France ».

Marouane, une icône vivante au Maroc

Désormais, Marouane Chamakh est une véritable star chez lui. Son papa va même jusqu’à parler « d’icône ». C’est un joueur que tout le monde idolâtre au Maroc. Aussi, Bordeaux est un club très supporté là-bas, en grande partie parce qu’il y a fait ses premiers pas et y a explosé. Et quand on vient à parler d’un éventuel retour au Maroc une fois sa carrière de footballeur professionnel terminée, on comprend vite que le sujet n’est pas d’actualité. « On ne parle pas du futur entre nous. L’objectif prioritaire est qu’il continue sa carrière où il le désire et qu’il s’amuse le plus possible sur les terrains. Bien sûr, je ne peux pas vous cacher qu’il est plus qu’attaché à ses racines. Dès qu’il en a l’occasion, il retourne au pays une dizaine de jours pendant l’intersaison ».

Marouane aime toutes les cultures. Bien que très timide, il s’ouvre à tous les horizons et peut écouter toutes sortes de musiques, qu’elles soient françaises, américaines ou bien évidemment marocaines. « Oui en effet, il aime se convertir à la musique orientale. Le seul problème est qu’il ne comprend pas les paroles car, comme vous le savez, il ne parle pas du tout l’arabe ! ». Très attaché à sa famille, et notamment à ses frères avec lesquels il vit encore, l’attaquant vedette des Girondins de Bordeaux est toujours un cœur à prendre... « Il a le temps d’y penser. Effectivement, dans notre pays, le mariage est quelque chose de très significatif. Il faut être le plus près possible de son épouse et s’en occuper au maximum. Alors non, ce n’est pas encore d’actualité », avance malicieusement le cher papa..

C. Coyral




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