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Gnonnas Pedro:clip Hommage de badge clement un espoir de la musique béninoise

Entre regrets éternels et hommages perpétuels

Gnonnas Pedro:clip Hommage de badge clement un espoir de la musique béninoise

Le crooner de la musique africaine retourna à la terre, encadré par deux tam-tams typiques de "Agbadja", ce merveilleux instrument qui lui a permis de jeter fièrement son pagne au bras.

mercredi 8 avril 2009

C’est à Lokossa que repose désormais la dépouille de celui qui fut, d’abord tour à tour, puis tout à la fois, "El Pancho", le salsero de Cotonou, le roi du "Agbadja world beat", la voix béninoise de Africando, le célèbre groupe panafricain managé par le non moins célèbre maestro Boncana Maïga. Emporté le 12 août 2004 par un cancer de la prostate, Gnonnas Pedro, de son vrai nom Pierre Sossou Gnonnan, a été accompagné à sa dernière demeure, samedi 4 septembre 2004, par une salve d’éloges et de regrets, un mélange d’émotion, de douleur et de fierté.


Alors que retentissaient des coups de canon pour saluer la mémoire du défunt, hommes et femmes de toutes générations convergeaient vers le Stade municipal de Lokossa. L’agitation était à son comble. Dans les rues, on ne parlait que de ça. Massée de part et d’autre de la voie qui mène au Stade, la population, canalisée par un service d’ordre musclé, voyait défiler tous ces hôtes, toutes ces personnalités, venus spécialement pour dire "adieu" à l’un des leurs. Pas moins de quatre ministres du gouvernement avaient fait le déplacement, ainsi que des personnalités diverses venues d’un peu partout. Une banderole saluait même les hôtes venus accompagner Gnonnas Pedro à sa dernière demeure dans cette ville qui est la sienne. "C’est ici chez lui", scandait d’ailleurs, avec un rien de fierté, un homme entre deux âges.

Une foule immense... La fierté, en effet, était manifeste dans cette cité monolaise qui avait drainé sur ses terres, beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants pour saluer l’illustre disparu. Ils étaient venus de tous les coins du Mono, et du Bénin pour rendre hommage à ce fils du pays dont le Mono est si fier pour avoir, quatre décennies durant, distillé la bonne humeur et la joie dans les cœurs, fait danser plusieurs générations de ses compatriotes et même des aficionados de contrées lointaines. Et, pour bien montrer que le deuil qui frappe le Bénin et le monde des artistes frappe d’abord le Mono et Lokossa en particulier, la population était sortie nombreuse pour dire au revoir à Gnonnas Pedro.

"Nous ne sommes pas des voleurs. Nous sommes venus dire au revoir à notre frère qui est mort", s’expliquait un jeune face à la rigueur du service d’ordre qui mettait un point d’honneur à contenir tout débordement. Tenez ! Voilà Martin Dohou Azonhiho. En costume, une casquette à visière sur la tête, un petit bâton de commandement dans les mains, il semblait affecté par cette disparition prématurée. On se rappelle que dans les années de braise de la révolution, le préfet de la province du Mono qu’il était ne manquait quasiment aucune prestation de Gnonnas Pedro à Lokossa ou ailleurs, dans le Mono. Inaugurations, thés dansants, bals, concerts... ont forgé, semble-t-il, une solide amitié entre les deux hommes. Et ils sont nombreux ainsi dans le Mono, et dans tout le Bénin à porter "Pé-Pé-Dro-Pé" dans leur cœur. Une considération que proclamait du reste l’une des nombreuses banderoles qui coloraient le parcours de l’artiste vers sa dernière demeure : "Que ton exemple soit le levain de nouvelles vocations !"

Courageux face à la mort En fait, ce samedi 4 septembre 2004, tous les discours et propos n’étaient qu’éloges pour le "Dadjè national" qui, d’un avis unanime, est resté un homme humble devant la vie, un malade courageux devant la mort. Des groupes musicaux, à l’image de "La Synthèse", "Adjidja" et des personnalités musicales comme Pierre Dassabouté, descendu des montagnes du Borgou, Gbétie Marcos Julien, ancien sociétaire des Volcans de la capitale, venu spécialement d’Abomey où il coule une retraite... musicale, avaient apporté leur voix au concert des hommages. Le Tout-Puissant Poly Rythmo n’avait pas manqué au rendez-vous. C’est d’ailleurs une série de chansons sur la mort, le destin, l’impuissance de l’homme face à la fatalité, exécutées par l’inusable Eskill Lohento qui avait finalement donné le top à la cérémonie religieuse, initialement prévue à l’Eglise Saint Pierre Claver de Lokossa puis finalement organisée au Stade municipal de Lokossa en raison de la foule incalculable qui avait fait le déplacement.

Dehors, une foule impressionnante attendait devant la résidence de Gnonnas Pedro où, après une longue série d’oraisons funèbres, le crooner de la musique africaine retourna à la terre, encadré par deux tam-tams typiques de "Agbadja", ce merveilleux instrument qui lui a permis de jeter fièrement son pagne au bras.

Elvire ADJAMONSI (Bénin)




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